Haussmann et son fameux bâtiment Haussmannien

Le Préfet Haussmann (1809-1891), préfet de la Seine de 1853 à 1870 transforma profondément Paris à la demande de Napoléon III. L’Empereur voulait faire entrer Paris dans le modernisme, au moins autant que le Londres connu lors de son exil entre 1846 et 1848.

Haussmann lança une campagne « Paris embellie, Paris agrandie, Paris assainie  ».

De fait, à cette époque Paris était encore une ville sale où les souvenirs de l’épidémie de choléra de 1832  restaient en mémoire. De surcroit, l’agrandissement des artères de la ville permettrait aux canons de la garde de pouvoir plus facilement faire face aux risques de soulèvement éventuels de la population parisienne.

En réalité, Haussmann n’a pas dessiné un seul immeuble. Finalement, il était responsable de la destruction de 20 000 logements de la capitale, majoritairement insalubres. Il fut avant tout le bâtisseur de 30 000 nouveaux appartements salubres.

Haussmann batiment Haussmannien
Tableau d’une vue d’un bâtiment haussmannien – baron Haussmann

UN BALCON, BOULEVARD HAUSSMANN.
Gustave CAILLEBOTTE (1848 – 1894)
© Photo RMN-Grand Palais – G. Blot

Par exemple, l’architecte Christian Horn définit les bâtiments Haussmanniens ainsi  :

« La forme urbaine a la priorité sur l’architecture, les bâtiments doivent s’insérer dans les rues. Les monuments eux-mêmes doivent s’intégrer dans la trame urbaine homogène.

Ils ne sont pas isolés et servent à marquer les temps forts de la ville : angles de rue, aboutissement d’une perspective.

Concernant l’ornementation, l’époque est à l’éclectisme et le choix du style dépend de la nature de l’édifice : église néo-romanes, néo-gothiques, néo-byzantines, édifices civils néo-renaissance ou néo-classiques…

Les bâtiments sont habituellement conçus de cinq à sept étages afin de réunir plusieurs familles de différentes classes sociales sous le même toit, et marquent ainsi l’apparition de la nouvelle société civile.

Un modèle s’impose sur ces voies larges, en pierre de taille, les immeubles présentent :

  • un rez-de-chaussée et un entresol traités en soubassement par des refends,
  • trois étages courants encadrés par les balcons filant sur toute la longueur du deuxième et du cinquième étage (premier et quatrième au-dessus de l’entresol).
  • La toiture, mansardée, est percée de lucarnes correspondant aux chambres de bonne. »

En conclusion, 150 ans avant les loi SRU et le « fameux » article 55 imposant 20 à 25% de logements sociaux dans les villes de plus de 3500 habitants,

Haussmann savait, au fond, que la mixité sociale était nécessaire à la réussite de la ville.

SJ

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